Publié par : Le Sybarite | 15 avril, 2008

Les saveurs du sybarite

En consultant mes mails je découvre celui de « Tunis » mon acolyte virtuelle et gourmande de la blogosphere tunisienne :

Je suis un fidèle de son blog. Ses posts sont élégamment rédigés, souvent drôles et pleins de tendresses envers ses amies des blogs culinaires. Le plus étonnant est qu’elle ne que cuisine que depuis deux ans. Au vu des résultats, on comprendra qu’il n’est point besoin de trainer dans les jupons de sa mère pour bien faire.

Voici son mail :

« Bonjour le Sybarite,
Comme je le devine, tu es un fin gourmet, je t’invite à un jeu savoureux, si tu le veux bien. Tu en trouveras les modalités sur mon blog. A bientôt! »

Le but du jeu est de me découvrir gastronomiquement parlant en proposant 10 associations de saveurs

Voici donc mes réponses :

Oeuf de ferme / Parmesan

Lorsque j’ai la chance d’avoir ces deux produits chez moi, je n’hésite pas. Au petit déjeuner je fais cuire un œuf à la coque. Je le retire au moment ou le blanc est dure et le jaune moelleux. Je décortique l’œuf, le dépose dans une petite assiette chaude. Un large filet de ma meilleure huile d’olive, quelques copeaux de parmesan. Un petit coup de moulin à poivre, une pincée de sel. Un morceau de bannette que je fais légèrement griller. Et hop ! Je suis d’attaque pour la journée.

Huile d’olive / Pain de Campagne

Je suis un amoureux de l’huile d’olive. Je suis triste de voir que nous autres tunisiens nous n’avons pas réussi à mettre en valeur l’excellence de ce produit. A l’étranger lorsque l’on parle d’huile d’olive on pense à l’Italie, l’Espagne ou la Provence jamais à la Tunisie. Le plus grave est que le reste du monde s’est lancé dans des techniques modernes de production d’oliveraie pour avoir sa part d’or vert, augmentant d’année en année leur part de marchés. Des pays comme les Etats-Unis, l’Australie ou le Chili totalement absent il y a peu, font le forcing pour rattraper le temps perdu. Ils arrachent des vignes et plantent des cultures intensives. Aujourd’hui ils savent produire des huiles extrêmement compétitives, aux arômes multiples qui plaisent aux nouveaux consommateurs.

Escargot / beurre persillé

Je me souvient, enfant, par une belle journée ensoleillée nous étions invité à déjeuner chez des amis à mes parents. Ils habitaient sur une péniche en bord de seine. J’étais fasciné par ce que je voyais, ils formaient dans mon esprit un couple d’aventurier hors du commun, parcourant le monde à bord de leur embarcation, bravant tempêtes et pirates au long cours.

Les entrées étaient composées d’escargots de bourgogne arrosés de beurre persillé. Jamais auparavant je n’avais vu ça. Ma sœur s’est refusé à y gouter. J’étais intrigué, en d’autres circonstances j’aurais certainement, moi aussi, usé de mon droit de véto, mais en face de mon couple de baroudeur je voulais me montrer à la hauteur. J’y ai donc gouté et j’ai succombé avec délice aux plaisirs de la cuisine bourguignonne.

Roquefort / Cornichons

Les douze premières années de ma vie je détestais le fromage. Au point de me lever de table lorsque mes parents avaient l’outrecuidance d’en servir lors des repas. Un jour un ami de la famille, fromager, pour qui j’avais de l’affection m’a convaincu de gouter un petit morceau de Barbarin. Petit à petit je me suis mis à gouter tous les fromages qui passaient devant moi. Aujourd’hui je suis un inconditionnel des fromages de caractères comme le camembert de Normandie, du crottin de chavignol, l’époisses de bourgogne, la fourme d’Ambert et autres saint Marcellin ou vacherin mont d’or. Les fromages tunisiens ne sont pas en reste, la qualité c’est amélioré et l’on trouve de l’excellente mimolette, du morbier, sans parler de l’incontournable Numidia, qui lorsqu’il est bien affiné n’a rien à envier aux roqueforts français.

Huîtres / Vin blanc

Lorsque je partais en France, la première chose à faire était de m’installer chez un huîtrier et m’enfiler des fines de claire napées de quelques gouttes de citron et accompagné d’un verre de vin blanc sec et fruité. Aujourd’hui je me régale des productions ostréicoles bizertine.

Gibier / Champignon des bois

A l’automne je me régale de poêlées de champignons cueillis dans la région de ain draham. Il m’arrive d’aller souvent au marché central de Tunis uniquement pour trouver quelques girolles, des trompettes de la mort ou des cèpes. Si en plus mes amis me ramènent de leur chasse des cailles, lièvres, grives et étourneaux…

Artichaut / Vinaigrette

En ce moment j’en profite. J’ai un petit restaurant ou je vais parfois me sustenter à midi et qui propose en saison des artichauts cuits entier dans de l’eau bouillante. Quel plaisir de l’effeuiller délicatement avec les doigts et tremper la partie charnue dans la vinaigrette. Une fois que toutes les feuilles ont été enlevées, il reste le meilleur : Le cœur

Asperges / Miel

Encore un légume dont je raffole. Je mange les asperges à toutes les sauces :

Vinaigrette avec quelques lamelles de parmesan, en flan, en tarte, en risotto, en velouté… les vertes sont mes préférées surtout lorsqu’elles sont rehaussées d’une note sucrée comme du miel mélangées à un fromage de chèvre onctueux.

Cote de bœuf / Os à moelle

Chemin faisant je me rend compte que je mange de moins en moins de viande. Mais lorsque l’occasion se présente je craque pour une savoureuse cote à l’os ou mieux encore une cote de bœuf saignante tartinée de son os à moelle parfumée à la fleur de sel.

Pâte feuilletée / Fruits

Et pour finir un dessert. J’en prends rarement je suis du genre salé mais je me laisse facilement tenter par une belle tarte à la rhubarbe, aux pommes caramélisées ou encore aux abricots.

Publié par : Le Sybarite | 11 janvier, 2008

Tijani, l’aiguilleur de la gourmandise

Le relais routier s’appelle le restaurant des amis. Pourtant ce n’est pas la camaraderie qui fait la singularité du lieu mais plutôt la générosité du tenancier, oncle Tijani

 

img_0178.jpgLe patron a tout le monde à l’œil, c’est l’aiguilleur de la gourmandise. Il est posté là sur sa tour de contrôle et il regarde tout. Le ballet des serveurs qui s’activent consciencieusement à l’heure du rush, les clients qui attendent patiemment leur tour pour avoir une table, et les autres qui s’astiquent molaires et canines avec le cure dent offert en fin de repas. Ils attendent de payer et s’interrogent s’il serait raisonnable de faire une petite sieste crapuleuse avant de reprendre le travail.

 

-Vous avez mangé là bas ? Ça fera 6dt… et vous ? 1gigot, 1 tête d’agneau, une grande bouteille de boga cidre ça fera 13dt.

img_0181.jpgIci l’addition se fait à la confiance. Une fois votre repas fini, vous vous levez et allez retrouver l’oncle Tijani près de son pupitre. Comme dans le temps lorsque l’on se dirigeait à l’avant de la salle près de l’instituteur qui vous interrogeait sur vos tables de multiplications. Sauf qu’ici les tricheurs ne sont jamais punis car l’oncle Tijani pratique la politique sociale de la gourmandise. En payant si vous lui affirmez que vous n’avez pris qu’un quart de poulet à la place d’un succulent gigot d’agneau au four, il vous regarderas de la tête au pied et fera mine de rien, si le cœur lui en dit.

 

img_0174.jpgPar contre là ou il ne plaisante pas c’est sur les secrets de fabrications. Tout ce que l’on sait c’est que toute sa viande (agneau ou bœuf) est préparée puis envoyée dans de larges plateaux pour être enfournée dans un établissement voisin. Les serveurs ramènent les plateaux fumants à l’heure du repas sous les regards avide des clients.

 

 

img_0176.jpgAhh ! Quelle viande. Savoureuse, tendre comme du beurre. Pas besoin d’un couteau aiguisé, il suffit de planter sa fourchette pour qu’elle se découpe en fines lamelles parfumées. Avec votre plat le serveur apportera une sauce au choix. Mais attention à ne pas demander une béarnaise ou une sauce au poivre. D’abord on vous rira au nez et ensuite on vous fera comprendre qu’ici, on fait dans le concret. Il s’agit de nourrir son homme qui a travaillé dur dans les champs voisins. Vous aurez donc le choix entre une market loubia (haricots blancs en sauce), mermez (pois chiches en sauce), market khodhra (légumes en sauce) et makarouna (spaghettis en sauce).

 

Maintenant que vous le savez, vous saurez pourquoi les clients baillent à se tordre la mâchoire en fin de repas.

 

Restaurant des amis

GP1, Grombalia

Pas de réservation, Fermé le soir

Visualisez le restaurant sur Google maps

Publié par : Le Sybarite | 21 décembre, 2007

La meilleure Pizza de Tunis est à Mégrine

La Bottega Della Pizza

126 Avenue de la République, 2033 Mégrine

GSM: 21 505 950

Visualisez le restaurant sur Google maps

 

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Il y a un peu plus d’un siècle, à Naples, Raffaelle Esposito dans la première pizzeria moderne concocte 3 pizzas différentes la pizza Mastunicola (fromage, basilique et lard), la pizza Marinara (tomate, choux et origan) et la pizza Pomodoro & Mozzarella (tomate, fromage et basilique), dont les couleurs rappelaient celui du drapeau de l’Italie. La reine apprécia et fut ravie du goût des 3 pizzas au point de le remercier par écrit. Raffaele Espostio, en retour, remercia la reine en lui donnant son nom, Margherita , à sa pizza ‘ Pomodoro e Mozzarella ‘. La lettre de remerciement a été conservée par la pizzeria ‘Ancienne Pizzeria Brandi’.*

 

La pizza, un siècle plus tard est à elle seule un symbole de la mondialisation. On la retrouve partout, avec elle toutes les inclinations sont possibles. Bref elle satisfait à tous nos caprices. Du blé, de la levure une onction d’eau de sel et d’huile d’olive et vous voila pizzaïolo. La recette de la pizza est on ne peux plus facile. Mais c’est souvent les choses simples qui nécessitent le plus de talent dans leurs réalisations.

 

img_0013.jpgA la Bottega della Pizza, première bonne nouvelle on aime les choses simples. Deuxième bonne nouvelle le pizzaïolo qui est le maître des lieux a du talent à revendre et les moyens qui vont avec. Ici pas de chichi. Dans un décor chaleureux, notre artisan prépare à l’avance sa pâte sur le comptoir avant de l’enfourner dans un véritable four à bois.

 

 

 

img_0018.jpgLes pizzas en ressortent toutes souriantes. Elles sont fines, croustillantes, garnies d’artichauds croquants (salaison maison), des tomates qui ont du goût et des champignons de Paris frais au léger parfum d’ail. Pas de fioriture, du concret. La Pizza est belle, la peau légèrement brunie, elle est mince mais ses formes sont avantageuses, négligemment boursoufflée aux entournures. On la mange avec les yeux. Une seule question vous taraude l’esprit. La manger avec les couverts gentiment posés près de l’assiette ou se lancer dans l’aventure. L’attraper et la serrer pour mieux l’embrasser, au risque de se faire mal. Va pour l’aventure cette pizza n’invite pas aux civilités, elle nous pousse à la saisir et la dévorer avec gourmandise.

 

Merci Monsieur, Merci Madame. Continuez à nous faire croire qu’une bonne pizza c’est simple comme buongiorno. En attendant moi je me dis que j’irai bien faire un petit détour ce midi à la Bottega. Après tout ça ne fera que la quatrième fois cette semaine !

ref* : Origines de la Pizza

Publié par : Le Sybarite | 2 décembre, 2007

Hôtels de charme en Tunisie: Tamerza Palace

Oasis de Tamerza
© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

Dans un confort chaloupé, le 4×4 dévore la route à toute allure, je profite des immensités de l’erg oriental qui s’étend à perte de vue. Le soleil se couche paresseusement et révèle dans un camaïeu mordoré, un désert au charme minéral, des montagnes aux reflets cuivrés et des habitations teintées de miel. Au loin l’oasis verdoyante de Tamerza tranche dans le décor unifié

Tamerza Palace Exterieur
© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

Rénové en partie, 15 ans âpres sa création, le Tamerza Palace reste l’adresse chic et charme du sud tunisien. Un hôtel hors du temps où les connaisseurs, lassés de l’agitation de Tozeur viennent se relaxer en toute quiétude. Niché au cœur de la colline, l’endroit est unique. C’est la rencontre entre la beauté sauvage d’un pays aride et l’élégance subtile d’une architecture extérieure, couleur terre, qui se fond naturellement dans son environnement.

Chambre nouvelle
© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

Habitué à recevoir une clientèle exigeante, le Tamerza Palace, a dut passer à la vitesse supérieure afin de s’inscrire dans le rang des adresses incontournables. Une extension qui vient d’ouvrir comporte des chambres et, une salle de fitness, un hammam, un bar et une supérette bien utile, puisqu’il n’y a pas de commerces aux environs immédiats.

Piscine
© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

La maison à su harmoniser les tendances contemporaines de ses nouvelles chambres et la meilleure tradition de l’artisanat tunisien. Cette volonté, toute en nuance, d’associer modernisme et atmosphère traditionnelle procure une sensation de confort apaisant.

Restaurant

Dans une région où dénicher un restaurant digne de ce nom relève du parcours du combattant, la table du Tamerza Palace offre une alternative intéressante. Les gourmets pourront déguster une cuisine tunisienne et régionale de bonne facture.

Le voyage débute par une soupe kerkenienne, se poursuit par une mloukhia, fait un détour par l’agneau à la gargoulette avant d’aborder la ligne droite, le confit d’agneau au cumin. A l’arrivée, un thé à la menthe pour accompagner une mousse aux dattes.

 

 

 

 

 

 

 

(Un grand merci à Nicolas Fauqué qui m’a gentiment autorisé à publier ses photos.)

Terrasse.   © Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com Petit Déjeuner.   © Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com Restaurant.   © Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com Salle de bain 2.   © Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com Salle de bain.  © Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com Suite nouvelle.   © Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com Lobby.   © Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

Publié par : Le Sybarite | 24 novembre, 2007

Ne jetez pas vos meubles… c’est vintage !

 

New beetle et coxLa mode s’est emparée du vintage des le début des années 90. Des lors, le phénomène n’a fait que s’amplifier et à finit par se propager aux objets de notreMini & Mini classic quotidien. Volkswagen, des 1998, s’empare du phénomène et lance la New Beetle, descendante naturelle de la populaire coccinelle.Trois ans après l’allemand BMW surfe sur la vague et revisite l’union Jack de l’Austin Mini.

 

L’époque est aujourd’hui au vintage. On ne présente plus le célèbre fauteuil « Louis Ghost » (Louis le fantôme) de Philippe Starck, inspirée librement du fauteuil louis XVI et importé en Tunisie par Loft (exposé un moment au Monoprix maison du centre Zephir).

Louis Ghost Fauteuil Louis XVI

 

La Tunisie participe, sans le vouloir, à ce mouvement. Charlotte Perriand qui fut la collaboratrice de Le Corbusier participa à l’aménagement de la « Maison de la Tunisie ». Créée par le décret beycal de juillet 1948 et édifiée par l’architecte Jean Sebag, l’établissement est destiné à accueillir les étudiants boursiers tunisiens résidantChambre maison de la Tunisie à Paris. Il ouvre ses portes en1953. La mission de Charlotte Perriand comprend alors, l’agencement de la cafétéria, de la salle de réunion ainsi que 40 des 200 chambres du bâtiment. Elle crée un mobilier spécifique qui répond aux impératifs budgétaires limités comme à l’utilisation qu’en feront les étudiants. Elle dispose de manière cohérente et fonctionnelle dans cet espace restreint un lit, deux tables, des tabourets et une grande bibliothèque imaginée comme une étagère à 4 étages de hauteur différente. Le meuble est segmenté par des plots en tôle d’acier pliée et rythmé par des petites portes coulissantes en aluminium peint »

Une de ces bibliothèques vient d’être adjugée lors d’une vente aux enchères 64 127 euros.

Bibliotheque “Maison de la Tunisie” Perriand

Si vos parents ont raté le coche lorsqu’ils étaient étudiants à la cité universitaire, pas de panique. Notre bibliothèque est aujourd’hui revisitée par Cassina qui a acquis les droits de reproduction exclusifs, pour le monde entier des produits dessinés par Charlotte Perriand. L’ensemble du catalogue est importé en Tunisie par khadija Hamdi de chez Ikoo Design

Cassina/Perriand

(Cliquez sur les photos pour une meilleure résolution)

Pour en savoir plus sur: Charlotte Perriand, Le Corbusier, Philippe Starck,

Réferences: Centre Pompidou, Artcurial

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